Être aidant, c'est aussi connaître le découragement.
Prendre soin d'un proche, quel que soit son âge, malade, en situation de handicap ou fragilisé, c'est souvent une liste qui ne s'interrompt jamais.
Les rendez-vous médicaux, les courses, les courriers, le téléphone qui sonne à pas d'heure, et ce petit pincement au coeur avant de décrocher. Cette sensation de ne jamais pouvoir poser son sac.
Il y a des jours où la fatigue n'a pas de nom.
Des jours où la patience s'effrite.
Des jours où l'on se demande, en silence, combien de temps encore on pourra tenir.
Et puis il y a ces moments,
Une boisson partagée, une vieille histoire racontée pour la centième fois, et l'on se surprend à l'écouter autrement, une main qui serre plus fort que d'habitude, des regards qui disent sans avoir besoin de mots.
Rien ne change, en apparence. Et pourtant…
La personne dont on prend soin n'est plus seulement celle qu'il faut accompagner, aider, protéger. C'est notre parent, notre compagnon, notre compagne, notre frère, notre sœur, notre enfant. Quelqu'un avec qui l'on a une histoire, des souvenirs, un lien,
Et quelque chose se rallume : du courage, revenu sans prévenir.
Être aidant, ce n'est pas être fort tout le temps. On peut aimer profondément son proche et être épuisé, On peut avoir envie d'être là et, certains jours, avoir envie de partir.
Cela ne veut pas dire que l'on aime moins, Cela veut dire que prendre soin est éprouvant.
En cette Journée nationale des aidants, j'ai une pensée pour celles et ceux qui accompagnent un proche, parfois sans se reconnaître comme aidants, et pour les plus jeunes, qui grandissent un peu plus vite que les autres. Ce que vous faites compte, même quand cela ne se voit pas.
Quand c'est difficile, il est possible d'en parler. N'attendez pas d'être à bout. Partagez les rôles quand c'est possible, poussez la porte d'un Café des aidants, faites-vous accompagner quand cela devient trop lourd.
Vous n'avez pas à tout porter seul·e.
Osez dire « c'est dur » ! Ce n'est pas un aveu de faiblesse, c'est souvent ce qui allège en premier.
Quand on prend soin de quelqu'un, on parle beaucoup aux médecins, à l'administration, à la famille. Mais on parle rarement de soi.
Dans mon cabinet, je propose aux aidants un espace où déposer ce qui est trop lourd : la fatigue, la culpabilité, la colère, la tristesse, l'amour aussi, parfois tout mélangé. Sans avoir à se justifier, sans avoir à être fort·e.
Mon approche est intégrative (écoute, hypnose, relaxation) et je m'adapte selon vos besoins du jour. Il s'agit surtout de mettre des mots et parfois de retrouver du calme et un appui en soi.
Ce sont ces petits instants de lien qui nous aident à continuer et vous aussi, avez le droit d'en avoir pour vous.
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